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Cinq réflexions sur la BlackBerry PlayBook

Publié par Maxime Johnson le 18 avril 201111 commentaires

La tablette professionnelle de Research in Motion sort demain dans à peu près toutes les boutiques offrant un peu de produits électroniques, de Future Shop à Bureau en gros, en passant par Sears. Cinq réflexions sur cette tablette (prématurément?) malmenée par certains médias.

1 – Plusieurs critiques publiées jusqu’ici ne valent pas un clou (ou presque)
J’aime bien Engadget. Généralement. Je ne peux m’empêcher par contre de soulever à quel point le populaire blogue techno américain s’est planté dans sa critique de la BlackBerry PlayBook.

La critique soulève certains points intéressants (par rapport aux faiblesses du clavier, par exemple), mais il suffit de lire la conclusion pour comprendre pourquoi celle-ci est tout simplement inutile (traduction libre) :

Écrire cette critique était un peu comme essayer de toucher une cible en mouvement, à cause des nombreuses mises à jour logicielles qui étaient publiées régulièrement. La PlayBook d’aujourd’hui est considérablement meilleure que celle d’hier, qui était aussi meilleure que celle d’avant-hier.

(…) Ce qui veut dire que nous ne sommes pas entièrement certains de ce qu’aura l’air la PlayBook lorsqu’elle sera mise en vente la semaine prochaine. Nous pensions avoir un logiciel final dimanche, mais il y a eu une autre mise à jour par la suite…

Je ne veux pas faire la morale à personne, mais quand un produit n’est pas finalisé, mieux vaut ne pas en faire la critique tout de suite. Ou, du mois, il faut faire un autre genre de critique, un aperçu, des premières impressions, mais rien qui donne un sentiment de finalité.

Trop de choses peuvent changer dans les derniers moments, et il vaut mieux attendre que le produit final (celui auquel le grand public a accès) soit disponible avant de se prononcer.

2 – Je ne m’inquièterais pas de l’absence de client courriels
Un des défauts soulevés par les différentes critiques publiées avant le lancement de la tablette (notamment par le respecté Walter Mossberg du Wall Street Journal) est qu’il n’y a aucun logiciel pour lire ses courriels (ni consulter son calendrier) sur la BlackBerry PlayBook, à moins d’accéder au logiciel de courriels de votre téléphone BlackBerry à l’aide d’un «pont».

Plusieurs regrettent donc la codépendance de la tablette avec les téléphones BlackBerry.

Selon RIM, de telles applications qui viendront rompre cette dépendance devraient toutefois être lancées d’ici 60 jours.

À moins que vous n’ayez l’intention de changer votre tablette d’ici deux mois, vous aurez donc accès à ces applications sans problème quand même assez rapidement. D’ici là, vous pouvez quand même accéder à vos courriels par le navigateur Web, ou par votre téléphone intelligent.

Il est dommage que RIM n’offre pas un produit fini au lancement, c’est vrai. Mais pour un produit qu’on achète pour plusieurs années, une faiblesse de deux mois seulement ne devrait pas peser lourd dans la balance.

Et honnêtement, si l’absence d’un client courriel serait grave sur un téléphone, elle l’est beaucoup moins sur une tablette.

3 – La plus belle tablette de 7 pouces
Il y a encore beaucoup trop d’inconnus pour vraiment comparer efficacement les différentes tablettes sur le marché. C’est vrai dans le cas des tablettes Android, mais c’est encore plus vrai dans le cas de la BlackBerry PlayBook.

Une chose est certaine, celle-ci offre une superbe finition matérielle. Sa texture caoutchouteuse est agréable à tenir, elle est mince, légère et elle semble très solide.

Elle est, à mon avis, la tablette de 7 pouces la plus intéressante sur le marché.

Reste maintenant à voir si cette taille vous convient vraiment. Je connais des gens qui ne jurent que par la mobilité, mais pour la plupart des autres, qui utilisent leur tablette sur le sofa du salon, un écran un peu plus grand risque d’être bien plus approprié.

4 – Le problème des applications
Malgré toutes ses bonnes intentions, RIM aura toutefois un problème d’applications tierces pour encore, au moins, plusieurs mois.

À moins d’utiliser sa tablette comme un sous-verre à 500$, ce sont les applications tierces (et le navigateur Web) qui font l’intérêt de ces dernières.

La BlackBerry PlayBook offrira peu d’applications pour encore quelques mois. Premièrement parce que la tablette est encore nouvelle, mais aussi parce que les outils offerts aux développeurs sont encore déficients.

À court terme, la possibilité pour la tablette de rouler des applications Android pourrait régler ce problème cet été, mais cette compatibilité n’est pas encore garantie de bien fonctionner, ni de fonctionner avec beaucoup d’applications.

Je disais plus haut que l’absence de client courriel pour deux mois n’était pas un véritable problème, puisque ce temps était court par rapport à la durée de vie de l’appareil et qu’il était possible de contourner le problème.

Malheureusement, la même chose ne peut pas être affirmée par rapport aux applications tierces, qui représentent pour le moment un gros point d’interrogation.

5 – Comment choisir sa tablette
À cause des nombreux inconnus, il n’est pas évident de choisir une tablette.

Le meilleur moyen de le faire est toutefois, comme c’est toujours le cas en techno, de bien cibler ses besoins.

Si ce sont les jeux qui vous intéressent, l’iPad devrait par exemple être votre tablette de choix (je ne dis pas que la tablette d’Apple ne sert qu’à jouer, mais je dis toutefois qu’aucune autre tablette n’offre pour le moment autant de choix de jeux, et ce n’est pas près de changer).

Pour l’instant, les forces de la BlackBerry PlayBook semblent se situer ailleurs. Son format en est une, et le pont qu’il est possible d’établir avec son téléphone en est une autre, puisque ce dernier permet de conserver votre environnement sécurisé et que la perte de votre tablette ne sera pas la fin du monde si vous êtes du genre à vous promener avec des données importantes.

Évidemment, ce genre d’avantages ne concerne pas tout le monde.

Si je magasinais pour une nouvelle tablette, je commencerais donc par définir quels sont mes besoins.

Ensuite? J’attendrais.

Il y a encore beaucoup trop d’inconnus pour prendre une décision véritablement éclairée, autant par rapport aux tablettes Android, qu’à la BlackBerry PlayBook ou même la HP TouchPad.

À moins que l’argent ne soit pas un problème, ou que vous en ayez vraiment besoin dès maintenant, les tablettes seront encore là dans 3 mois (en fait, il y en aura même d’autres), et beaucoup de questions auront été répondues.

Rien ne sert de courir, qu’il disait…




11 commentaires »

  • mapple a dit:

    Ça fait longtemps que je ne lis pu Engadget. Plus ça va, plus ils disent des affaires carrément stupides (voir la traduction libre). Un peu comme techcrunch, il s’agit de tout ou rien. Ce qui est plate, pour les deux ça se dirige vers du «rien». D’autant plus, la culture du fanboy Apple semble prendre présente chez eux. Dire que le iPad2 est révolutionnaire, faut être carrément sauter.

    Je vais attendre une critique de Tom Hardware, Ars Technica, Wired et votre critique Maxime avant de me faire une idée plus ou moins claire sur le produit.

  • mapple a dit:

    lire *être beaucoup plus présente chez eux et non prendre…

  • bob a dit:

    Je crois que le manque d’application courriel et calendrier est un problème : peut-être pas en sois, mais ça montre que RIM a coupé les coins ronds. S’ils ne sont même pas capables de livrer une application courriels au lancement, ça n’augure rien de bon pour le reste du produit… Mais bon, je suis d’accord avec la recommandation d’attendre. Peut-être que dans deux mois RIM respectera sa promesse et lancera une application courriels du tonnerre (on sait jamais)! Ça laissera aussi deux mois pour les développeurs d’applications. Parce que sans applications et sans courriels, la tablette ne servira pas à grand chose au début.

    Je n’aime pas vraiment l’idée de l’intégration avec le téléphone Blackberry. Premièrement, ce n’est pas tout le monde qui en a un. Deuxièmement, tant qu’à avoir besoin d’un Blackberry ET du Playbook pour lire ses courriels, je gage que la majorité des gens vont préférer les lire directement sur leur Blackberry et le Playbook ne servira pas à grand chose. Finalement, on cherche à vanter le fait qu’on partage la connexion internet du Blackberry et qu’on sauve un forfait data. Je veux bien, mais il me semble qu’on peut faire ça depuis bien longtemps avec n’importe quelle tablette ou ordinateur Wifi et un téléphone qui supporte le mode « wifi hotspot ». C’est simplement un point négatif pour RIM si le Blackberry ne peut partager sa connexion qu’avec un Playbook et pas avec les autres tablettes, non?

  • Maxime Johnson (author) a dit:

    @mapple: ils permettent d’avoir un bon aperçu de l’actualité techno, par contre.

    @bob: d’un autre côté, peut-être qu’ils se sont justement dit qu’ils préféraient investir leurs ressources ailleurs pour le moment afin de lancer leur tablette dans un délai raisonnable.

    Et considérant que la tablette n’est pour le moment pas offerte en 3G, ça veut dire que les utilisateurs vont pas mal toujours avoir leur ordinateur ou leur téléphone avec eux lorsqu’ils vont se servir de la tablette.

    Oui, il vaut mieux avoir une application que de ne pas en avoir. Mais je pense quand même qu’il vaut mieux avoir une tablette maintenant que dans un mois et demi.

    Quoi qu’avec toute la mauvaise publicité que ça leur cause…

    Pour ce qui est du partage de données, oui, c’est vrai, mais jusqu’à très récemment, l’iPhone ne permettait pas de partager sa connexion avec l’iPad, et la XOOM était offerte aux USA uniquement avec une connexion 3G.

    J’imagine donc que c’est un mélange de deux choses :

    1 – une compagne marketing prévue d’avance qui a été peu adaptée.

    2 – si les focus groups montrent que les clients potentiels pensent qu’une tablette = une plus grosse facture mensuelle, ce n’est pas une mauvaise chose que de leur faire comprendre que ce n’est pas le cas.

  • mapple a dit:

    @maxime: Cependant, ça s’en vient leur seul qualité… dès qu’ils commencent à analyser quelque chose, ouch.

    Vous > engadget & techcrunch et ce par 1000 ;)

  • wewewi a dit:

    @Maxime

    J’espère que tu fais tout ce que tu peux pour te procurer/faire un test officiel de l’Acer Iconia Tab A500; qui a vraiment l’air d’avoir tout d’une Xoom pour 100$ de moins.. Je n’ai pas réussi à savoir si leur slot microSD marche ^^

    Mais sinon les apps, c’est le nerf de la guerre; ce qui décide de la vie réelle ou artificielle d’une plate-forme.
    La doc QNX donne envie de se pendre; je vous le dis, moi.
    Ça fait passer les kits Symbian pour des modèles à suivre; c’est dire.

    Ce qui m’épate le plus c’est que le produit s’appelle le PLAYbook, et qu’il n’y a pas un traître jeu d’annoncé.. Personne ne semble se poser de questions…
    J’avoue que la review d’Engadget était aux limites de la fraude; mais ilt font toujours ça; ils évaluent le produit qu’ils ont en main, même si le produit n’est pas destiné à sortir avant de nombreuses semaines.. Le malheur, c’est qu’ils n’updatent pas leurs critiques après coup. Ils auraient facilement le manpower pour le faire.

  • bob a dit:

    Moi j’aurais bien aimé savoir ce que vaut la Viewsonic gTablet à 299$.

  • Vansfield a dit:

    @bob

    La ViewSonic est bien, mais on voit que le produit n’est pas « fini ». Imagine la puissance de la Motorola XOOM, mais avec un moins bon fini. Le meilleur exemple est l’absence du market officiel lors de la réception de la tablette. Du moins il me semble.

  • wewewi a dit:

    Le software de la Viewsonic était tellement merdique qu’ils ont eu des taux de retours INCROYABLES de la part d’achteurs insatisfaits..
    Au point que certaines grands distributeurs genre Wal-Mart ou Best Buy ont cessé de la vendre en expliquant qu’elles étaient affectés d’un « défaut de construction »

    Ce qui a été démenti par après par Viewsonic qui expliquait plutôt l’histoire par le software, en ajoutant qu’ils allaient corriger ça avec les prochains updates.. mais bon le mal est fait c’est fini.

  • Jérémie Tremblay a dit:

    Bon maintenant que la version offerte au public est disponible.. Est-ce qu’on peut dire que c’est un produit non-terminé que BBerry vend à ses clients?

  • Thierry a dit:

    Je ne suis pas un fanatique de ces tablettes, mais je n’arrive pas à comprendre qu’une compagnie puisse sortir une tablette sans qu’elle soit prête à 100%. N’est-ce pas courir après les mauvaises critiques?

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