Un iPad gratuit avec un abonnement à La Presse: un plan rentable?

Le quotidien La Presse serait sur le point d’entreprendre un virage numérique, selon un article de Stéphane Baillargeon paru aujourd’hui dans Le Devoir. Pour encourager ses lecteurs à s’abonner à son édition en ligne, le quotidien de Gesca songerait même offrir un iPad (ou une tablette équivalente) gratuit avec abonnement de trois ans dès 2013.
La Presse imiterait donc le modèle employé depuis des années par les opérateurs de téléphonie cellulaire, où un appareil est donné (ou vendu à rabais) en échange d’une entente beaucoup plus lucrative sur plusieurs années. Des pourparlers seraient même déjà commencés avec Bell Canada pour mettre en œuvre ce «plan iPad».
Toujours selon Le Devoir, La Presse songerait également à faire passer le tirage papier de son quotidien de 200 000 exemplaires à 75 000 exemplaires, ce qui réduirait les coûts de production du quotidien, mais qui pourrait affecter de nombreux emplois de distribution.
Téléphones et quotidiens: même combat?
Si le plan de La Presse semble trop beau pour être vrai, c’est probablement parce que le prix d’un abonnement à un quotidien est largement inférieur au prix d’un abonnement à un forfait cellulaire.
Analysons les coûts de plus près :
Téléphone mobile
LG Rumeur 2 chez Bell (je choisis Bell parce qu’ils sont mentionnés dans le texte du Devoir) est offert gratuitement avec une entente de trois ans (130$ sans entente). Le forfait minimal pour s’équiper du Rumeur 2 coûte toutefois 30$ par mois, ce à quoi la très grande majorité des abonnés ajoutent la boite vocale et l’afficheur pour 12$ de plus mensuellement.
Au bout de trois ans, le LG Rumeur 2 et son service coûtent donc à l’abonné environ 1512$, sans les taxes. En incluant ce que l’usager a déboursé et le rabais accordé à l’appareil, Bell aura pour sa part encaissé 1382$.
Téléphone intelligent
Le LG Optimus Quantum chez Bell est offert gratuitement avec une entente de 3 ans, ou 450$ sans entente.
Cet téléphone peut être offert avec le même forfait que le LG Rumeur 2, mais les consommateurs privilégient normalement les forfaits incluant des données pour ce type d’appareil (50$ minimum, plus 12$ pour la boite vocale et l’afficheur), ce qui porte la facture à 2232$ après 3 ans.
En incluant ce que l’usager a déboursé et le rabais accordé à l’appareil, Bell aura encaissé au minimum 1782$ après trois ans (au minimum, car Bell ne paye évidemment pas son téléphone 450$).
La Presse + iPad
L’abonnement à La Presse coûte 10$ par mois en version numérique ou environ 22$ en format papier. Au bout de trois ans, un abonnement coûte donc 360$ ou 792$, selon le prix chargé.
Il est assez difficile d’estimer combien coûtera l’iPad dans deux ans, mais présentement, un modèle 3G de dernière génération coûte un peu plus de 600$, un prix qui pourrait éventuellement baisser.
Cette diminution de prix n’est toutefois pas garantie (ou du moins, il n’est pas garanti qu’elle sera marquée), puisque pour le moment, les manufacturiers préfèrent encore augmenter les caractéristiques de leurs appareils plutôt que d’en réduire le coût.
Si le tarif de 10$ est peut-être un peu bas pour offrir un iPad gratuit (du moins, avec les prix considérés ici), celui de 22$ permettrait par contre déjà à La Presse d’offrir l’appareil avec un abonnement de trois ans.
Il y aurait évidemment une foule d’autres facteurs à prendre en considération si on voulait faire une analyse complète, comme le prix auquel Apple vendrait ses iPad à La Presse, la hausse de revenus publicitaires que pourrait générer les nouveaux abonnés attirés par cette offre, la valeur de ces publicités sur l’iPad comparée aux publicités imprimées, les économies d’impression et de distribution, le partenariat avec Bell, le coûts de distribution sur l’App Store, etc.
Mais dans tous les cas, le plan semble réaliste, et ce, encore plus si on augmente un peu le prix de l’abonnement pour y inclure un forfait de données (d’où le partenariat avec Bell).
Le plan iPad de La Presse serait en quelque sorte un modèle «carotte»: si tu t’abonnes, on te donne un cadeau. Personnellement, je préfère ce modèle au modèle «baton» opposé, où ceux qui ne s’abonnent pas sont «punis» en ne pouvant pas lire les articles. Une belle trouvaille, que l’on va suivre de près.

Il faut aussi considérer la baisse probable des coûts des tablettes. Dans l’article du Devoir, on parle d’un horizon de 3 à 5 ans. Parions que dans 5 ans, une tablette permettant d’avoir des apps et le 3G (ou 4G rendu là) coûtera beaucoup moins cher…
Peut-être aussi que ce sera plutôt un forfait offert par Bell comprenant un abonnement au journal numérique de La Presse. Ce serait donc une option peut-être exclusive de Bell… au début.
@Antoine: j’étais justement en train d’ajuster le texte. C’est certain que sur un horizon de 5 ans, beaucoup de choses peuvent changer (surtout les prix), et peut-être même que les tablettes seront passées de mode…
À plus court terme, je ne vois pas les prix diminuer drastiquement par contre, du moins en ce qui a trait aux appareils haut de gamme.
Mais bon, on verra bien.
Le rabais offert sur l’appareil est comblé par le montant payé mensuellement pendant plusieurs années. Comme l’abonnement au journal électronique rapport beaucoup moins qu’un abonnement au cellulaire, le rabais pourrait être moindre.
Les clients de la Presse sur iPad pourraient avoir un petit rabais, disons 100$, sur le prix du iPad.
La différence entre le journal et le joueur de téléphone, c’est que le journal ne vit pas des revenus d’abonnement. En effet, l’abonné d’un journal ne paye que les frais d’impression et de distribution, le reste (contenu, administration et profit) est financé par la pub.
Donc dans l’équation, il faut prendre en compte :
– Les coûts d’impressions, de papier et de distribution qui disparaissent et dépassent largement sur 3 ans le coût de la tablette
– L’argent que Bell va mettre pour avoir cette exclusivité qui ne manquera pas de lui apporter des milliers d’abonnés supplémentaires à ses services
– La valeur pour Bell d’une entente de partenariat exclusif Gesca dans la nouvelle stratégie de convergence de Bell qui a conduit entre autres à l’achat de CTV.
@PLR: Tout à fait. Ceci dit, en baissant le tirage du 2/3, j’imagine que les coûts ne diminuent pas proportionnellement non plus.
Mais bon, il y a vraiment beaucoup de facteurs à prendre en considération (j’en ai ajoutés quelques-uns au texte). Revenus des publicités vidéos qui pourront être intégrées, redondances avec Cyberpresse, possibilité de revenus connexes, etc…
Bon point aussi pour la stratégie de convergence de Bell et l’impact potentiel sur le contenu. À suivre.
Je trouve l’idée tout a fait possible. N’oublions pas que les quotidiens vont rivaliser d’imagination dans les prochaines années pour garder leur lectorat. Inutile de vous énumérer les causes.
Par contre pour l’abonnement avec Bell, c’est pour avoir accès en 3G à la Presse peut importe ou l’on se trouve. Il me semble que cela serait plus tentant d’offrir un ipad uniquement wifi contre un abonnement à La Presse. De plus, cela serait plus économique. Certains commentaire sur le site du devoir recommande d’attendre l’arrivée du « papiel » couleur. Il doutent du choix ipad. À mon avis, ce serait une grave erreur de s’attarder au contenant. Même si l’offre concernait les ipads seulement, on sait très bien que rien n’empêcherais La Presse de distribué le journal sur d’autres plateformes, Android, Kindle, iphone ou Papiel, etc… Je trouve la démarche de La Presse courageuse et tout à fait d’actualité.
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Super article !! n’est-ce pas un nouveau modèle pour la presse !!
Ces une très bonne idée car il y aurait moin
De polution du aux usines de pâte et papiers
Aussi le journal lapresse serait plus Lu et plus
Populaire car présentement il est le moin
Populaire du à sa grosseur exorbitantes et à
Sa longueur.
La journée que vous ferez cela je serai dans
Les première à m abonner car personnellement
J aime votre journal sauf qu au petit déjeuner il
Prend toute ma table.mon gr-père à travaillé toute
Sa vie pour votre journal.