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Test complet d’Android Wear et de la LG Watch

Publié par Maxime Johnson le 23 juillet 20143 commentaires

LG  G Watch

Voilà maintenant quelques semaines que j’ai sur mon poignet la LG G Watch, l’une des premières montres intelligentes équipées du nouveau système d’exploitation portable Android Wear de Google. Portrait d’un appareil de première génération, qui a quand même un certain potentiel mais dont les défauts et l’intérêt limité le confine pour l’instant à un marché de niche.

Voici ma présentation vidéo de la LG G Watch:

Android Wear

Avant de présenter la LG G Watch, il convient de présenter son système d’exploitation plus en profondeur. Android Wear est un système d’exploitation basé sur Android qui permet, en gros, de consulter son téléphone moins souvent.

Pour l’instant, seules deux montres offrent Android Wear, la LG G Watch et la Samsung Gear Live. Motorola devrait aussi lancer sa Moto 360 cet été, et d’autres compagnies suivront, comme Asus, qui devrait lancer sa propre montre à l’automne, selon ce que m’a confié récemment un employé de la compagnie.

Interface et navigation
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Le système d’exploitation portable de Google est conçu comme un jeu de carte, où on peut glisser son doigt sur l’écran de sa montre de bas en haut pour passer d’une carte à l’autre.

La première carte, le cadran de sa montre, est toujours la même, et elle est la seule immuable, qui ne peut être effacée. On peut changer l’interface de sa montre pour la rendre plus à notre goût, en choisissant les cadrans proposés par Google ou LG. Honnêtement, ces cadrans pourraient être plus intéressants, mais chacun devrait quand même être capable de trouver quelque chose de convenable. D’autres cadrans devraient aussi être proposés avec le temps.

Il y a en gros trois sortes de cartes qui peuvent être affichées sur les montres LG G Watch : les notifications de son téléphone intelligent, les cartes Google Now et les applications optimisées pour Android Watch.

Une fois que l’on affiche une carte, il est possible de la glisser vers la droite pour l’effacer (attention : vous ne pouvez alors plus la faire réapparaître), ou de la glisser vers la gauche pour interagir avec elle.

Les interactions possibles sont généralement peu nombreuses, et se limitent même souvent à ouvrir la carte sur son téléphone. On peut toutefois aussi par exemple archiver un message, afficher plus d’informations, etc.

Le système fonctionne bien, la navigation dans la montre est simple, mais le tout est quand même limité et parfois peu intuitif. On efface par exemple souvent une carte que l’on voudrait conserver (comme la météo), il est impossible de réordonner les cartes et il est difficile de faire réapparaître une carte.

Lancer une application est aussi un procédé curieusement complexe (nous y reviendront).

Notifications
Les notifications sont les cartes qui s’affichent le plus souvent sur Android Wear. Ces notifications sont exactement les mêmes que celles sur votre téléphone intelligent, avec certaines qui sont un peu plus riches que les autres (comme sur votre téléphone, finalement).

Une notification s’affiche par exemple lorsque vous recevez un courriel, un message Twitter, etc. Le concept est généralement le même que sur vos autres appareils Android, mais certaines notifications sont aussi plus riches sur Android Wear que sur votre téléphone. C’est notamment le cas des courriels, qui peuvent être lus directement sur sa montre à partir de la notification.

Android Wear gère assez bien ces alertes. Il est possible par exemple de bloquer les messages de certaines applications de sa montre, et les notifications sur son téléphone intelligent sont synchronisées avec celles sur sa montre. Si vous effacez une notification d’un appareil, vous n’aurez donc pas à la consulter sur l’autre.

Google Now
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Google Now est un service en deux volets de Google. Google Now permet d’un côté d’afficher de l’information pertinente aux utilisateurs Android sans que ceux-ci aient besoin de la demander, et de l’autre, Google Now peut être utilisé comme un assistant personnel contrôlé par la voix, un peu comme Siri d’Apple.

Le premier volet est un véritable succès.

Google Now permet d’afficher par exemple la météo où vous vous situez, l’heure à la maison si vous êtes en voyage, la location d’un coli que vous avez commandé, l’heure qu’il faut partir si vous voulez arriver à temps à votre prochain rendez-vous (une information qui intègre à la fois votre location actuelle, votre agenda, la circulation et votre moyen de transport préféré), le passage du prochain autobus si vous êtes situés à un arrêt, la valeur de vos actions, etc.

Google Now sur son poignet est un peu moins efficace que sur un téléphone, puisque l’écran est plus petit, mais les informations offertes par Google sont quand même généralement pertinentes et appréciées.

Reconnaissance vocale
L’autre volet de Google Now, la reconnaissance vocale, lui, est un peu moins réussi, surtout en français canadien. C’est dommage, puisque la reconnaissance vocale est souvent le seul moyen d’effectuer des fonctions plus avancées avec sa montre.

Non seulement Google reconnait l’accent québécois avec un succès correct, mais limité, mais le système reconnaît aussi peu de commandes parlées. Android Wear comprends par exemple la commande « prendre une note », mais pas « écrire une note ». On s’y habitue, mais l’aspect conversationnel du service est beaucoup moins efficace qu’avec Siri, disons.

La reconnaissance vocale d’Android Wear permet aussi de faire des actions complexes, comme prendre une note dans Google Keep, ou encore envoyer un message texte. Vous devrez alors posséder le contact en question sur votre téléphone, et vous devrez vous limiter à un message assez bref, puisque la reconnaissance vocale en français ne prend pas en charge les ponctuations, et qu’il n’est pas possible d’éditer manuellement un mot qui aurait mal été compris.

Plus le message est long, plus vous risquez de faire une erreur, donc.

Notez toutefois que le service est beaucoup plus efficace en anglais. Mais en français, mieux vaut sortir son téléphone de ses poches et écrire avec un clavier que de perdre son temps à essayer de réussir de parler à sa montre.

Applications
pas

Android Wear fonctionne finalement avec des applications, certaines créées par Google, et certaines par des développeurs tiers.

Parmi les applications de Google, notons l’application de prise de notes Google Keep (vous pouvez prendre par exemple des notes), une boussole et Fit pour consulter les statistiques du podomètre intégré à la montre.

Il existe aussi de nombreuses applications tierces, qui peuvent interagir d’une façon limitée (c’est-à-dire n’afficher que des notifications sur sa montre) ou plus poussée avec Android Wear (pour allumer, éteindre ou changer les couleurs de ses ampoules Philips Hue, par exemple).

Parmi les exemples de fonctions possibles avec les applications tierces, notons Hightlight, qui vous montre les photos des gens dans les environs avec qui vous avez beaucoup en commun, Runtastic, pour chronométrer ses courses, Lyft, pour commander un taxi (dans les villes où le service est offert) simplement avec une commande vocale et Tinder, pour discrètement évaluer ses conquêtes potentielles.

La quantité d’applications compatibles offertes augmente rapidement depuis le lancement d’Android Wear au début du mois, on peut donc présumer que beaucoup d’autres services (potentiellement intéressants) seront offerts avec le temps.

Un système pour regarder son téléphone moins souvent
Voilà en gros, à quoi sert Android Wear : regarder son téléphone moins souvent. Après tout, Android Wear n’offre aucun avantage important par rapport à son téléphone, et on doit transporter ce dernier avec soi de toute façon pour profiter pleinement de la montre.

Il est aussi bon de noter que lorsque l’on consulte une notification sur son poignet, par exemple, on le fait aussi plus rapidement qu’avec son téléphone, où la tentation peut être forte de consulter d’autres applications ou de répondre à un message sur le champ.

Dans les deux cas, ce sont là des avantages limités, mais des avantages quand même.

LG G Watch

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La LG G Watch a été dévoilé il y a quelques mois par Google et lancée au début juillet par LG.

Comme les autres montres Android Wear, il s’agit d’un appareil qui doit être utilisé conjointement avec un téléphone Android équipé d’Android 4.3 ou plus. La montre est donc à peu près inutile par elle-même (sauf pour compter vos pas et afficher l’heure).

Design
chargeur

La LG G Watch offre un design particulièrement simple. L’appareil n’est en fait qu’un petit carré équipé d’un écran tactile, sans aucun bouton nulle part.

L’arrière de la montre est en plastique, alors que le devant est en métal et en verre. Son bracelet, lui, est en silicone, mais il peut être remplacé par n’importe quel bracelet de montre 22 mm régulier.

Le design de la LG G Watch est, il faut le reconnaître, peu inspiré.

Comparé aux montres traditionnelles, il ne s’agit pas, à aucun égard, d’une belle montre. Celle-ci est aussi assez grosse et assez épaisse, ce qui pourrait en décourager certains, surtout ceux qui possèdent un petit poignet.

La montre peut être rechargée à l’aide d’un petit socle, qui est lui-même branché à un fil USB. Il suffit de déposer sa montre sur le socle magnétique pour activer la recharge, ce qui fonctionne plutôt bien.

Malheureusement, cela veut aussi dire que vous ne pourrez pas facilement recharger votre montre sur la route si votre pile commence à être un peu trop vide à votre goût. Le socle est aussi la seule façon d’allumer votre montre si elle est éteinte (après avoir planté ou surchauffé lors d’une journée d’été, par exemple), ce qui n’est pas exactement des plus pratiques, mais qui ne cause pas problème souvent non plus.

Caractéristiques
La montre de LG est équipée de caractéristiques assez semblables à celles de la Samsung Gear Live.

On y retrouve notamment un processeur Qualcomm Snapdragon 400 cadencé à 1,2 GHz, un espace interne de 4 Go (plus ou moins utilisé de toute façon), 512 Mo de RAM, une pile de 400 mAh et un écran ACL IPS de 1,65 pouces avec une résolution de 280 par 280 pixels.

Il est bon de noter que la pile de la montre de LG est plus grande que celle de Samsung (300 mAh), mais que son écran consomme plus d’énergie, ce n’est donc pas forcément un avantage.

La montre offre finalement plusieurs capteurs, qui permettent de s’en servir comme d’un podomètre, l’une des rares fonctions de l’appareil qui peut être utilisée sans connexion Internet, et elle offre une bonne résistance à l’eau IP-67.

Performances
ombre

Il n’y a pratiquement aucune application qui tourne directement sur la montre, il est donc difficile d’évaluer les performances de l’appareil d’une façon traditionnelle. Généralement, notons que l’interface est fluide, même si celle-ci peut parfois bloquer, probablement plus à cause d’un manque d’optimisation du logiciel que d’un manque de puissance par contre.

L’écran est quand même assez joli, même si le texte est parfois légèrement pixélisé. Notons aussi que l’écran est toujours allumé (en noir et blanc lorsque la montre est inactive, ou en couleur lorsqu’on lève notre poignet pour regarder l’heure ou que l’on tapote l’écran) ce qui est certainement une caractéristique intéressante pour une montre intelligente.

L’écran de la montre n’est toutefois pas optimisé pour le grand soleil. Vous pourrez toujours distinguer l’heure, mais pas grand-chose de plus. Et même là, vous noterez l’utilisation du mot « distinguer » plutôt que « lire ». Disons qu’on est loin de l’écran à l’encre électronique de la Pebble. Avec un peu d’ombre, c’est toutefois beaucoup mieux, comme on peut le voir sur la photo ci-haut.

Côté autonomie, celle-ci est correcte, sans plus. J’ai été capable de passer la grande majorité de mes journées sans problème, mais il m’est arrivé à quelques reprises au cours des dernières semaines qu’elle tombe à plat. Généralement, la pile n’a pas été suffisante pendant les journées très claires, où je devais monter la luminosité de l’écran, où lors des journées de forte utilisation (généralement plus pour des tests que pour une utilisation régulière à long terme, par contre).

D’ailleurs, on regrette que la montre ne gère pas mieux son autonomie. Des options devraient être offertes automatiquement à partir d’un certain pourcentage de la pile atteint. À 20% par exemple, la G Watch devrait éteindre son écran automatiquement (plutôt que le mettre en noir et blanc comme c’est normalement le cas) lorsqu’elle n’est pas utilisée. À 5%, la montre pourrait aussi désactiver toutes ses connexions, et n’afficher que l’heure, par exemple.

En conclusion
Les montres intelligentes deviendront peut-être un marché lucratif pour les fabricants d’appareils électroniques, mais ce n’est pas la G Watch de LG qui entamera cette révolution. La LG G Watch est loin d’être mauvaise, mais il s’agit d’un appareil qui s’adresse pour l’instant aux geeks et amateurs de gadgets seulement, et non au grand public.

Ses avantages par rapport au téléphone sont après tout rares et peu convaincants, et le logiciel Android Wear a encore beaucoup de chemin à faire avant d’être prêt pour Monsieur et madame Tout-le-monde.

Il faut aussi reconnaître qu’une montre est un bijou. Un bel objet, que l’on affiche fièrement. Sur ce point, la G Watch est bien loin d’une TAG Heuer ou d’une Rolex.

La LG G Watch est vendue 249$ sur la boutique Google Play. Il s’agit d’un prix quand même élevé pour un appareil aux fonctions limitées, surtout que celui-ci risque d’être rapidement périmé.

Si vous aimez les appareils du genre et que le budget n’est pas un problème, vous devriez toutefois l’apprécier. Être un précurseur, ce n’est pas toujours l’option la plus économique ou la plus sensée, mais c’est après tout vraiment amusant.




3 commentaires »

  • Claude a dit:

    Le prochain flop de la bulle techno ?

  • Richard a dit:

    Merci Maxime! As-tu l’intention de faire le même test avec la Samsung Gear Live aussi offerte sur Android play store?

  • Maxime Johnson (author) a dit:

    @Claude: on verra bien!

    @Richard: non, je ne pense pas. Honnêtement, de ce que j’ai vu (je l’ai essayé brièvement), c’est pas mal la même histoire de toute façon.

    Je vais essayer la Moto 360 par contre, qui m’apparaît bien plus intéressante que les deux premières.

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